Fiscalité d'entreprise

Vendre les actions d’une entreprise à un enfant, au conjoint, à une société contrôlée par la famille ou à une autre personne liée n’est pas traité comme une vente ordinaire entre étrangers. Les règles sur les personnes ayant un lien de dépendance, la juste valeur marchande et l’article 84.1 peuvent modifier la nature du produit reçu.

La transaction doit donc être planifiée à la fois comme un transfert commercial et comme une opération fiscale. Le lien familial ne dispense pas d’une évaluation, d’un financement réel ni de documents comparables à ceux d’une vente externe.

Pourquoi l’article 84.1 est central

Lorsqu’un particulier vend des actions d’une société canadienne à une autre société avec laquelle il a un lien de dépendance, une partie du produit qui aurait autrement produit un gain en capital peut être réputée être un dividende. La règle vise notamment à empêcher l’extraction des surplus corporatifs sous forme de gain.

Le calcul dépend du prix de base rajusté, du capital versé, de la contrepartie reçue et de l’historique des actions. Les réorganisations, gels et transferts antérieurs doivent donc être retracés avant de fixer le prix ou la forme de paiement.

Transfert intergénérationnel : vérifier les conditions actuelles

Des règles particulières peuvent permettre qu’un véritable transfert intergénérationnel soit traité comme un gain plutôt qu’un dividende. Le cadre comporte toutefois des conditions sur le contrôle, la participation des enfants, la gestion, les délais et la conservation des intérêts dans l’entreprise.

Une vente qui existe seulement sur papier, alors que le parent continue de contrôler et d’exploiter l’entreprise sans transition réelle, peut ne pas satisfaire aux conditions. Le plan doit décrire la relève opérationnelle aussi clairement que le financement.

Établir la juste valeur marchande et le financement

Le prix doit être défendable, même si les parties ont un lien familial. Une valeur trop faible peut constituer un avantage; une valeur trop élevée peut imposer à l’acquéreur une dette impossible à rembourser avec les flux de l’entreprise. L’évaluation doit considérer les résultats, les actifs, les risques et les modalités de paiement.

Le financement vendeur, les billets, les dividendes futurs et les garanties doivent être modélisés. Il faut déterminer d’où viendront les fonds et quelle partie du risque commercial demeure chez le vendeur.

  • Évaluation indépendante ou dossier de valeur adapté à la taille de l’entreprise.
  • Convention de vente et billets correspondant aux conditions réelles.
  • Plan de transition du contrôle, de la gestion et des responsabilités.
  • Capacité de remboursement fondée sur des flux raisonnables.

Coordonner la déduction pour gains en capital et la relève

Même si le traitement en gain est disponible, les actions doivent satisfaire aux critères applicables pour que la déduction pour gains en capital soit envisagée. Les actifs passifs, les sociétés associées et les opérations précédant la vente peuvent influencer l’admissibilité.

La transaction doit aussi être intégrée au testament, à la convention entre actionnaires et au plan de retraite du vendeur. Nos services de réorganisation corporative et de planification fiscale peuvent coordonner ces étapes.

Traiter la vente familiale comme une véritable transaction

Une relève réussie ne repose ni sur un simple transfert de certificat d’actions ni sur une règle fiscale isolée. Elle exige un prix, un financement, une transition de contrôle et une documentation qui reflètent ce que la famille fera réellement.

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